Dater avec un TOC
Ce que je vais vous raconter est loin d’être sexy.
Ce n’est pas cute, avoir un TOC.
Mon dieu que j’aimerais faire intensément le ménage de mon appartement, comme plusieurs pensent. C’est plus paralysant qu’autre chose. C’est juste envahissant. Et j’ai la fâcheuse particularité d'avoir des pensées obsessionnelles. C’est mon jam. J’apprends à vivre avec cette partie de moi qui gagne souvent du terrain quand je date. Parce qu’on devient tous et toutes un peu obsédé·es quand on commence à s’intéresser à quelqu’un.
Et sur les réseaux sociaux c’est encore plus facile; on peut cyberstalker la personne jusqu’à l’infini. On scroll à travers des photos et/ou vidéos sur Instagram. On peut même se rendre sur Facebook si ça nous chante. Oui, je suis une bonne stalkeuse. Celui ou celle qui ne le fait pas jette le premier like par accident.
Mais le TOC agit sur l’obsession. Il prend vie dans cette douce folie, qui devient un peu plus rock and roll un moment donné. Au moment le moins opportun au monde: les débuts.
Quand quelqu’un m’intéresse, ça me consume entièrement. Je ne vis que pour la première date, le premier french. Je rêvasse le jour et la nuit là-dessus. J’y pense sans cesse. Ça roule dans ma tête. C’est un film que je ne peux pas mettre sur pause. Plein de scénarios jouent en boucle. Des beaux comme moins reluisants. Je pense à ce que la personne fait, à ce qu’elle devient. Plus on s’écrit, plus ça alimente mes scénarios. Je suis euphorique.
L’euphorie n’est pas une mince affaire chez moi.
Ça me met dans un état de légèreté extrême. Avec le temps, je suis devenue plus sélective des gens qui me font cet effet-là. Je m’attache moins rapidement, je passe moins de temps à rêver sur le premier venu. Mais le réel danger c’est que, lorsque quelqu’un m’intéresse autant qu’il s’intéresse à moi, ça devient mon monde. J’inspire et j’expire pour cette personne.
Vous devez vous imaginer à quel point la chute est brutale lorsqu’il y a un désintérêt à un moment ou à un autre. Lorsqu’on perd cette magie si précieuse à mes yeux. Lorsque je n’ai plus accès à ce maître du rêve.
Ou pire: lorsque je perds intérêt. Ça m’arrive souvent de m’emballer pour un rien, pour des peanuts.
Je pense souvent à des personnes qui ne sont plus dans ma vie. Je fais l’inventaire de mes déceptions. C’est l’effritement d’une possibilité qui me crève le cœur. Je m’en veux autant que je leur en veux parfois. Je m’en veux de penser ainsi, que ma tête n’en fasse qu’à sa tête.
On apprend, heureusement. On apprend toujours. On se relève toujours. Même si la chute écorche.
Je n’ai jamais trompé. Mais souvent, mon esprit est ailleurs, pensant que l’herbe est plus verte chez le voisin. L’éveil d’une possibilité est aussi dangereuse que l’absence de celle-ci. Parce que j’aime l’aventure et aller au bout des choses. Mon cerveau a besoin d’aller au bout des choses, comme mon cœur. J’ai besoin de savoir.
Est-ce que la monogamie m’empêche d’assouvir cette curiosité? Curiosité qui me rend complètement désorganisée, messy, qui me dévore de l’intérieur? C’est la question que je me pose chaque jour.
Je ne crois pas pouvoir y répondre tout de suite. Pour le moment, j’apprécie les hauts et les bas de la dating life, je me laisse porter par cinq gars qui m’écrivent en même temps et le silence radio de la semaine d’après.
Je parviens à trouver un équilibre dans cette vie rocambolesque. Je parviens à trouver une paix intérieure. C’est censé être ça, non? La clé du succès? On pense que c’est en trouvant quelqu’un qu’on est mieux, mais je préfère nettement être seule qu’être (mal) accompagnée.
Parce que ce n’est vraiment pas n’importe qui qui peut m’accompagner. Il me faut quelqu’un de compréhensif, doux, mais qui défie le quotidien autant que moi. Quelqu’un empreint d’une douce folie qui saura me charmer jour après jour. Je n’ai pas encore trouvé cette personne, et ce n’est pas pour ne pas avoir essayé.
Pour le moment, j’alimente la lenteur des choses. J’alimente ma vie avec mes ami·es, ma famille, ma paix d’esprit. Je ralentis les choses. Je prends le temps. Pour ne pas tout consommer tout de suite et se retrouver avec le mal de cœur suivant le gavage. C’est facile de tout gober d’une seule traite. C’est plus difficile d’apprécier les choses pour ce qu’elles sont, à petites bouchées.
Savourer, c’est ce que je me souhaite pour 2025. Savourer chaque rencontre, chaque verre de vin, chaque plan entre ami·es, sans pression. Sans avoir l’arrière-pensée de devoir trouver mari à chaque sortie que je fais.
Parce qu’il y a aussi le FOMOOAM: fear of missing out on a man. Que chaque fois que je n’accepte pas une sortie entre ami·es, j’ai peur d’avoir loupé la présence de l’homme de ma vie.
Vous comprendrez que le TOC n’agit pas juste avec mes dates, mais avec le dating en général. Parce que c’est un feeling tellement euphorisant que de trouver quelqu’un, je sens le besoin de trouver quelqu’un constamment. Tout le temps à la recherche de cette dopamine.
Comme manger du take-out.
Comme boire.
Comme fumer.
Pour 2025, je me souhaite un sentiment plus sain quant à l’euphorie. Je souhaite trouver l’euphorie en méditant, en ayant de bonnes nuits de sommeil, en prenant soin de moi et de mon environnement.
On apprend toujours. C’est pour ça que je ne suis pas découragée. J’en ai fait du chemin pour me détacher de ce qui est toxique. La conscience est la première étape. Ça m’a pris du temps pour me rendre jusqu’ici. Faut célébrer les petites comme les grandes victoires.
Toujours.



Je te souhaites tellement de trouver une personne qui va t’accompagner là dedans. Pour ma part, trouver une personne neurospicy c’est important parce que sinon je me sens vraiment comme une tout croche et ça me met tellement de pression. La personne que je vois en ce moment est full on tdah pis my god que c’est le fun. Pas que je te souhaites un dude avec un Toc mais plus une personne qui viendra te calmer le système nerveux. Xx